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Elections 2007 2008

Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 12:00
 
François Bayrou à 12%, devant Le Pen dans les sondages, c'est ce que j'avais prévu sur ce site « avant la fin 2006 ». Le Père Noël n'avait pas, en fait, ma commande dans son entrepôt. Mais je ne m'étais donc trompé que de trois semaines si j'en crois le nouveau sondage du 18 janvier. Chouchou de Canteleu (voir ma liste de liens) partageait mon pronostic et avait décidé de tenir le pari avec moi. Pari tenu, pari gagné.

Ni médium ni prévisioniste patenté, j'ai pourtant un certain « flair » politique qui m'a souvent permis de voir venir des événements et rebondissements plus ou moins inattendus, en matière électorale par exemple. J'avoue que je n'avais pas envisagé les résultats du premier tour de la prsidentielle de 2002. Par contre j'avais pronostiqué la montée en puissance de Ségolène Royal dès l'été 2005, qui dit mieux ? Et à la même époque je pensais déjà (je l'ai dit à qui voulait l'entendre) que Bayrou avait un fort potentiel pour 2007.

Cette facilité à prévoir de telles évolutions s'explique simplement par quelques éléments qui n'ont aucun rapport avec les astres ou l'ultra-lucidité. Il s'agit plutôt d'une bonne connaissance du monde politique, d'une forte habitude des médias et d'une sensibilité au discours ambiant, choses que je travaille et cultive depuis une trentaine d'années. Ce sont souvent des petits détails qui s'accumulent et indiquent où le vent pourrait tourner...

Un de ces petits détails que j'avais enregistré mentalement, concernant François Bayrou -était-ce en 2003 ou 2004, c'était à la fin de l'automne en tous cas (il faisait frisquet et j'avais dû mettre une robe de chambre sur mon pull...)- c'était un face à face un soir à la télé entre Jack Lang et François Bayrou. Aussi brillants l'un que l'autre, intellectuellement parlant, aimables et respectueux l'un envers l'autre comme il sied à des personnes de bonne compagnie, nos deux protagonistes étaient -en fait- d'accord sur bien des sujets et parvenaient assez difficilement à se démarquer l'un de l'autre dès qu'on abordait un sujet dans le détail et la précision. Seule l'idéologie, l'affichage des couleurs et le positionnement sur « l'axe droite / gauche » permettait d'opposer les deux hommes, comme il convient dans ce genre d'émissions. Soudain le présentateur annonça un duplex depuis Rome : Romano Prodi en direct ! Et celui-ci de dire toute son affection pour ses deux amis, Lang et Bayrou. De formuler ses voeux de succès. De les encourager à se rapprocher, selon une formule chimique qu'il comptait bientôt essayer dans son propre pays.

A vos claviers pour commenter !
Par Jean Vaysse - Publié dans : Elections 2007 2008
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /Jan /2007 18:57
VERS UN SCORE A DEUX CHIFFRES ?

Le dernier sondage (CSA, du 3 janvier) sur l'élection présidentielle de 2007 donne Ségolène Royal suivie de Nicolas Sarkozy largement en tête, comme c'est le cas depuis de longs mois. Loin derrière, le seul à se détacher un peu, avec 15%, reste Jean-Marie Le Pen. La bataille pour lui ravir la troisième place, pour commencer, que François Bayrou avait bien engagée dès la fin novembre reste à mener, le candidat de l'UDF étant plutôt en recul avec seulement 6% d'intentions de vote.
 
Mes prédictions sur ce site, d'un score à deux chiffres voire davantage « d'ici la fin 2006 » pour François Bayrou se sont donc révélées inexactes. Cela aura certainement déçu une partie de mes lecteurs, les jeunes militants UDF qui avaient particulièrement aimé mon article François Bayrou et le Père Noël. Mais me suis-je trompé dans le pronostic ou seulement dans les dates? Perseverare diabolicum, me dira-t-on : je maintiens le pari que le candidat UDF n'attendra pas les dernières semaines avant le scrutin pour faire une percée dans les intentions de vote. Je suis, vous le voyez, plus prudent dans les dates.

Avant de pousser un peu plus loin l'analyse, je crois utile de préciser que celle-ci est fondée uniquement sur l'aspect communication, sur l'analyse du discours médiatique ; je ne tiens pas compte, par exemple, du programme du candidat, mais seulement de sa façon de présenter et défendre ce programme. C'est pourquoi la question, que plusieurs m'ont posée, de savoir si je suis oui ou non militant (ou sympathisant) UDF est sans objet -sans rapport tout au moins avec l'objet de cet article et je n'y répondrai pas.

Quelqu'un qui se méfie manifestement beaucoup du risque pour lui de se voir ravir la troisème place par « l'outsider » Bayrou, qui reste pourtant loin derrière lui en tête du peloton, c'est Le Pen ! Bayrou avait eu l'idée de ne plus se dire seulement « centriste », ce qui en rassure quelques uns mais paraît bien tiède à beaucoup d'autres. Non, Bayrou se déclare « d'extrème centre ». Ce qui se comprend comme : révolté, prêt à aller jusqu'au bout, mais en même temps modéré. Et voici Le Pen dont l'extrèmisme ne fait aucun doute qui dit aujourd'hui : « je ne suis pas d'extrème droite mais du centre droit ». Il est évident que celui qui parviendra en temps utile à la troisième place dans les sondages, aura quelque chance d'être le soir du scrutin parmi les deux candidats retenus pour le second tour. Si c'est Le Pen, il se retrouvera avec tout le monde contre lui comme en 2002. Si c'est Bayrou, il fera immédiatement jonction avec l'éliminé(e) du premier tour, que ce soit Sarkozy ou Royal.

En fait la très grande difficulté pour Bayrou aujourd'hui c'est la question du programme. Si le fait de se déclarer hors du clivage droite/gauche lui fait perdre de nombreux suffrages, en particulier chez ceux des électeurs qui se situent nettement à droite, cette perte est compensée par l'attraction que cette position exerce sur les très nombreux électeurs, jeunes en particulier, qui en ont « ralbol de la politique traditionnelle ».

Malgré leur orientation idéologique marquée l'une à gauche, l'autre à droite, les candidats de l'UMP et du PS partagent (et, au delà des discours partisans, tout le monde le sait) un certain socle programmatique minimum commun. C'est ce socle qui les a fait se retrouver dans le même camp lors du référendum de 2005 (et du précédent...), qui leur a permis de s'inscrire depuis des années dans l'alter-cohabitation... Sarkozy et Royal s'opposent, oui bien sûr, mais autant et pas davantage que le SPD et la CDU-CSU en Allemagne! De là à gouverner ensemble, il y a un énorme pas...que seuls les électeurs pourraient leur faire franchir en les mettant l'un et l'autre en situation de grande difficulté.

Le problème de François Bayrou, c'est qu'il est fondamentalement LE candidat de ce socle minimum commun. A part cela, il a un style et des idées originales, une certaine façon d'aborder la vie politique... Dans un sens, c'est ce qu'il dit, en s'affirmant déterminé à gouverner avec à la fois la gauche et la droite. Mais il y a du travail avant d'obtenir la confiance d'électeurs qui accumulent depuis des lustres un fort capital de déception tant envers la gauche qu'à l'égard de la droite.
François Bayrou saura-t-il faire de ce handicap un atout de communciation? Je continue à parier que oui.


Par Jean Vaysse - Publié dans : Elections 2007 2008
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 03:40
Le candidat UDF aux élections présidentielles de 2007, François Bayrou, trouvera-t-il sous le sapin après sa désignation officielle le 20 décembre par le parti centriste UDF le cadeau qu’il a commandé au Père Noël : un sondage à deux chiffres, de 11 à 17 % comme j’en ai fait le pari (http://www.jyvais.org/article-4763844.html)
 
Pour le microcosme, François Bayrou ne décollera pas dans les sondages : au revoir Père Noël, reviens en 2012 !  Le microcosme politique, selon la formule rendue célèbre par Raymond Barre (qui pourtant en faisait partie), manque d’imagination et ne sait pas compter jusqu’à trois. Il s’agit ici, vous l’aurez compris, du nombre de scénarios possibles pour les élections présidentielles de 2007. Et aussi du nombre de candidats considérés par une majorité des « sondés » comme susceptibles de recevoir leurs suffrages, puisque, outre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, sont également cités comme élus potentiels François Bayrou et Nicolas Hulot.  Un candidat de la « gauche antilibérale » aurait pu également se glisser dans le peloton de tête, encore aurait-il fallu s’entendre sur nu nom ralliant les différentes composantes de ce courant…
 
Certains commentateurs ont ironisé sur la stratégie « simpliste » de François Bayrou qui expliquait qu’il s’agissait pour lui d’arriver au second tour et de gagner à ce moment. Pour cela, expliquait-il en gros, il suffit de multiplier par deux ou trois mes 7% de 2002 déjà confirmés par les sondages…
 
Mais les commentateurs et le microcosme ont le regard rivé sur deux scénarios. Le premier voit Ségolène Royal et Sarkozy en tête de façon incontestée. Le second scenario serait la redite de 2002 avec l’irruption de Jean-Marie Le Pen distançant l’un des deux favoris, mais battu au second tour.
 
Que les électeurs puissent décider de choisir un « outsider » qui ne soit pas par ailleurs un repoussoir pour les trois quart des gens, cela paraît impossible et irréaliste à notre microcosme. Comme quoi on ne peut prévoir que ce qui est déjà arrivé… Pourquoi ne pas se contenter, dans ces conditions, de faire des sondages sur les élections passées : au moins, on serait sûr de ne pas se tromper ! Que les gens sérieux planchent donc sur cette proposition inédite.
 
Si François Bayrou a quelques chances, de percer dans les sondages du moins, c’est à la fois pour des raisons de fond que l’on développera peut-être plus tard ici bien que ce ne soit pas notre « sujet ». Et pour des raisons de communication. A la différence de Lecanuet, qui s’était confronté à d’autres pointures que Sarkozy et Royal, il faut dire, Bayrou ne martèle pas qu’il est « centriste », mais préfère dire qu’il est « d’extrême centre ». Le terme centriste passe mal dans un pays où l’on aime les gens qui ont le « sang chaud » ou au contraire ceux qui ont du « sang froid ». Mais « sang triste », ça passe mal.
 
Le Père Noël oubliera-t-il François Bayrou, candidat de l’UDF ? Vous le saurez dans un peu plus de deux semaines.
 
 
Par Jean Vaysse - Publié dans : Elections 2007 2008
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